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Murder Inc. Ou La Malédiction des Films Sur La Mafia Juive Américaine

Murder Inc. Ou La Malédiction des Films Sur La Mafia Juive Américaine

En bon amateur de films de gangsters et désireux de connaitre d’autres cultures par le biais de ces films. J’ai pu admirer des films mettant en scène la Triade, les yakuzas, la mafia corse, le gang des Lyonnais. Il y eut aussi la French Connection à travers les gros bonnets de Marseille, la rivalité entre Zampa et Francis le Belge. Puis, la mafia irlandaise, la mafia afro-américaine symbolisée par les règnes de Nicky Barnes, Frank Lucas ou encore le père spirituel de ce dernier Ellsworth ‘Bumpy ‘ Johnson. D’un côté, on retrouve la mafia anglaise grâce aux premiers Guy Ritchie. De l’autre côté, on a la mafia de Wall Street sans doute la plus sous-estimée et la plus puissante d’entre toutes (regardez leur peine de prison lorsqu’ils se font prendre la main dans le sac et vous saisirez où je veux en venir).

Nicky Barnes et sa femme à droite avant la tempête…
Dites ‘Salut les Amis’

Et bien entendu, la mafia italienne, la plus connue de toutes, comptant des classiques sous la direction de Francis Ford Coppola, Martin Scorsese. On a eu droit à toutes les régions d’Italie. La Sicile, Naples représentée par le gangster le plus connu de tous les temps l’Italo-Américain Alphonse Capone, la Cosa Nostra l’une des plus vieilles organisations mises à mal par la mégalomanie et le narcissisme de John ‘Don Teflon’ Gotti dont je parlerai un peu plus tard, les fameuses cinq familles italiennes que sont les Bonnano, les Genovese, les Gambino, les Lucchese et les Colombo (rien à voir avec ce détective monomaniaque entêté et chiant interprété avec brio par Peter Falk !)

Les Cinq Familles

Quand je dis 5 familles, à ne pas comprendre avec les Huxtable, les Banks ou les Sheffield. Là je fais référence à des organisations criminelles de New York d’origine italienne. Ce sont les 5 familles les plus puissantes des Etats Unis . Ils sévissent encore même si certaines ont perdu de leur aura et leur influence.

Les 5 Familles et leurs sympathiques Dons emblématiques

Coppola parle de la guerre entre ces 5 familles dans son Parrain. Scorsese se focalise sur des soldats de la famille Lucchese dans les Affranchis. Gotti qui n’eut pas un film à la hauteur de son personnage haut en couleur. Connu aussi pour être un amateur de sapes, mégalomane, narcissique et cruel représentait les Gambino. En effet, son charisme et sa personnalité haute en couleurs en fit un prétendant crédible pour un film hollywoodien. Au départ, il y eut un film produit par Jimmy Conway euh je veux dire Robert De Niro avec le talentueux Tom Sizemore dans le rôle-titre. Puis, par la suite avec John Travolta dans le rôle-titre. Ces films laissent un arrière-goût. L’un aurait gagné à avoir un budget conséquent. Quant à l’autre, le scénario malgré la prestation de Travolta laisse à désirer.

Une anomalie qui perdure

Paul ‘Scarface’ Muni en compagnie de ses deux petites amies, sa mitraillette Thomson et Karen Morley dans le rôle de Poppy

En réalité, les gangsters de toutes les contrées eurent droit à des films dignes de ce noms. Ils ont leurs classiques, des films cultes comme les deux Scarface celui de 1932 réalisé par Howard Hawks avec Paul Muni. Ensuite vient celui de Brian De Palma sorti en 1983 avec Al Pacino, ce dernier qui ne fût pas un carton à sa sortie. Pour l’anecdote Scarface qui signifie le balafré en anglais était le surnom qui ne fallait jamais dire en face de l’intéressé, à savoir Al Capone. Une légende raconte qu’il obtint ses fameuses cicatrices qu’il haïssait tant lors d’une expédition punitive du temps. Cela date de l’époque où il était garde du corps. Ce dernier aurait reluqué avec trop d’insistance la petite amie d’une petite frappe de l’époque. Pourtant, mes chers amis, une anomalie perdure et ce depuis la nuit des temps à Hollywood.

Je pense en effet avoir donné la plupart des ethnies du crime organisé ici. En revanche si je vous dis la Murder Inc. Est-ce que cela vous dit quelque chose ?

Ouuuuui, on y croit Ja Rule!

Murder Inc: un label de musique?

Je ne parle pas du label rap populaire des années 2000 comptant dans ses rangs Ja Rule. Je fais ici allusion au souffre douleur et la marionnette de 50. ou encore d’Ashanti de moins en moins frileuse comme pour compenser l’apparence froideur de son public d’alors mais en vain. La Murder Incorporation, filiale à la caresse ferme aux antipodes des méthodes de Gandhi , connue également sous le nom de Yiddish Connection, ce groupe de gangsters dont les membres avaient la particularité d’être Juif, bon avec des méthodes pas très catholiques je vous l’accorde, obédience tenant plus du symbole que de la pratique, il est vrai.

Quelques illustres membres de la Murder Inc.

Les noms de Lepke Buchalter, Jakob Shapiro, Arnold Rothstein, Meyer Lansky,Dutch Schulz, Mickey Cohen ou encore Bugsy Siegel, -oui je peux désormais l’appeler par ce surnom, il n’est plus en position de me coller son poing dans la figure ou encore une balle entre les deux yeux- ne vous disent probablement rien. D’après mes recherches, ces malfrats ont joué un rôle majeur dans le crime organisé. S’associant avec la mafia américaine à partir des années 30.

Benjamin “Bugsy” Siegel: Doux, Dur & Dingue

Ne vous fiez pas à sa gueule d’ange, Siegel était un vrai sociopathe à la gâchette facile

Le plus célèbre d’entre eux, Benjamin ‘Bugsy’ Siegel fut à l’origine des casinos dans le désert de Las Vegas. Coureur de jupons invétéré, bagarreur, bel homme, charismatique, amateur de sapes et de belles cylindrées, il nourrissait une obsession pour Hollywood et ses belles naïades allant jusqu’à fréquenter certaines célébrités. Quant à Siegel, aussi connu pour son caractère impulsif, son extrême violence, il était toujours prêt à se salir les mains pour une baston de rue ou pour quelques fusillades, cela lui valut le surnom de Bugsy de la part de collègues gangsters qu’il haïssait plus que tout. On a pu le voir prendre forme sous les traits d’acteurs de manière officieuse. Par là, je pense au personnage de Moe Green dans le Parrain directement inspiré par lui ou du film éponyme joué par un mauvais garçon coureur également en la personne de Warren Beatty, il apparaît aussi dans Boardwalk Empire.

Néanmoins cela moi, un problème de taille perdure. Soit il n’est pas au premier plan et apparaît dans les séries et films cités comme un figurant de 1er choix, ou il n’y a pas encore de films qui comme pour ses collègues italo-américains n’a atteint le statut de film culte. J’ai beau avoir aimé le Bugsy de Beatty, il est rarement cité dans la liste des films de gangsters qui ont laissé leurs empreintes sur le sol de la mémoire du plus grand nombre. Il lui manque ce je-ne-sais-quoi pour espérer prétendre aux classiques du genre.

Meyer Lansky: Le Cerveau

Lansky, petite est la taille (1,65m), grand est le cerveau

Il en est de même pour le téléfilm produit par HBO sur la vie de Meyer Lansky surnommé le Cerveau. Meyer dirigeait d’une main d’enfer ses hommes sans se salir les mains directement, il investissait dans le racket, les jeux, la prostitution, la drogue et faisait office de ministre des finances.

Cet éminent membre de la Kosher Nostra travaillait de concert avec Lucky Luciano l’un des plus puissants gangsters américains sans doute le plus brillant et intelligent à avoir foulé la terre des États-Unis voire de la planète. Il ne fera jamais un seul séjour à l’ombre et mourra de vieillesse, des suites d’un cancer des poumons, fait assez rare dans ce monde pour être souligné.

Tout cela pour vous dire que ce téléfilm ne s’inscrira pas au panthéon du 7e art et ce, malgré la brillante interprétation de Richard Dreyfuss.

Mickey Cohen: l’ex-boxeur devenu gangster

Cohen s’apprêtant à passer un coup de fil, cela présage rien de bon.

Que dire du film sur la chute de Mickey Cohen ex-boxeur devenu l’un des gangsters les plus impitoyables de la Cité des Anges. Bien que comportant un casting 5 étoiles, dont l’excellent Sean Penn, Josh Brolin, Nick Nolte ou Robert Patrick le nemesis de Terminator etc. Trop de violence tue la violence, et que dire du maquilleur qui a massacré sur le visage de Sean Penn ? On dirait un chewing gum mâché par un culturiste autrichien en vue d’une compétition.

Il y a encore cet effet de surenchère, et pour cause on voulait tellement qu’il ressemble au vrai Cohen. dont le visage était marqué en raison de son passif de boxeur que cela en devient ridicule. Le film est regardable et divertissant, il n’y a pas de temps mort mais il manque la subtilité des gangsters éloquents présents dans les dialogues d’un Tarantino, l’écriture d’un scénariste embauché par Coppola, la manière atypique de filmer d’un Scorsese avec ses présentations de personnage inégalables et ses scènes cultes. Le film aurait pu rentrer dans la club fermé des classiques mais il n’en sera rien. Cela s’est joué à des détails.

Quel remède pour venir à bout de cette malédiction?

Finalement, je pourrais donner davantage d’exemples mais à quoi bon ?

Aujourd’hui, les films de gangsters peinent à se renouveler et se font griller la politesse par les films d’actions. Films dans lesquels les voitures volent et explosent à tout bout de champ. Il en est de même pour les les films de super héros. Mais sait-on jamais pour peu qu’un Guy Ritchie daigne s’y intéresser de plus près? Peut être réussirait il à rendre à la Yiddish Connection ou Koshar Nostra ses lettres de noblesse? A réparer cette erreur, que dis je cette injustice ?

Croisons les doigts et espérons que Hollywood ne coupe pas ceux des scénaristes désireux de réparer cette faute à la manière d’un chef yakuza.

Pour saisir la référence, vous êtes priés de regarder Aniki Mon Frère et Empire de Takeshi Kitano.

Bien à vous.

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